Help

jakob-lorber.cc

Chapitre 21 Trois jours au temple

Début des entretiens du troisième jour. Joram tente vainement d’abréger la discussion. Objections du grand-prêtre, réfutées par Jésus.

1. La discussion put reprendre le troisième jour, dès l’arrivée de Joram et Barnabé.

2. Je m’avançai au signe que me fit le juge romain qui m‘était si dévoué et j’adressai tout d’abord la parole à Joram en disant : C’est le troisième jour que nous nous retrouvons réunis ici, dans cette salle d’audience, il s’agit maintenant comme nous l’avions décidé hier, de me montrer ces fameux passages d’Isaïe qui soi-disant ne me concernent pas et ne concerneraient aucun autre Messie !

3. Joram répondit :Fort bien ! Charmant garçon, mais ces textes me sont sortis de la tête et je serais bien embarrassé de les retrouver en ta présence, tu as une mémoire si incroyable, et sembles avoir mot pour mot, toute l’Ecriture en tête ! Laissons-là ce chapitre. Je dirai que conformément à ce que nous avons vu et entendu, nous te considérons comme le Messie de la promesse, mais la recherche de tous ces textes dans l’écriture nous donnerait par trop de mal et nous prendrait par trop de temps !

4. Je répondis : Non, mon ami, c’en est trop ! Vous souhaitez trouver le moyen de vous débarrasser de Moi et peu vous importe en effet que je sois ou non le Messie, pourvu que vous puissiez vivre à votre guise et que vous amassiez des morceaux d’or et d’argent avec toutes sortes de pierreries ! Mais la question véritable est de savoir si oui ou non c’est Moi le Messie, ou si vous devez en attende un autre ?

5. Si je le suis, le Royaume de Dieu est déjà auprès de vous, et si vous êtes des hommes de bonne volonté, l’Ecriture vous montrera ce que vous avez à faire ! Mais si selon vous et selon le prophète, je ne suis pas le Messie, demeurez alors dans votre péché ! et puisque la recherche de ces textes vous prend tant de temps et vous coûte tant de peine, donnez-moi le livre et je vous épargnerai votre temps et votre peine !

6. Alors le grand-prêtre dit : Tu vas t’arranger à trouver tous les textes qui te conviennent le mieux !

7. Je répondis : C’est bon, trouve-moi donc les passages qui me conviennent le moins !

8. Le grand-prêtre dit : Hum ! on va te donner satisfaction immédiatement !

9. Il prit le livre qu’on lui rendit et d’un air d’importance fit mine de chercher. Il chercha longuement sans rien trouver ! Enfin, il tomba sur quelque chose qui sembla le contenter ! Son air hautain de grand-prêtre donna peu à peu à son visage l’allure d’un dindon en colère ! Il posa d’un air condescendant le livre ouvert devant lui, se mit à suivre le texte de son index comme s’il masquait son triomphe et dit :

10. Eh bien ! Viens donc jeune Messie galiléen, lis ce texte et dis-moi s’il s’applique à toi ?

11. Je lui répondis : Comment peux-tu faire appel à Moi pour lire dans ton livre ? L’esprit qui vit en Moi connaissait ce texte bien avant qu’Isaïe ne le rédige, et tu viens précisément de trouver ce qui me correspond le mieux !

12. Furieux, le grand-prêtre se lava et déclara en colère : Que dis-tu ? Tu aurais connu ce texte avant qu’Isaïe ne l’écrive ? Prends garde à toi, espèce de petit galiléen effronté ! Tu n’as que douze ans et tu prétends avoir connu ce texte avant le prophète ! Serais-tu insensé !

13. Quand tu parles de ton âme ou de ton esprit, ce qui revient au même, tu ne peux tout de même pas les prétendre plus âgés que ton corps, lequel, selon Moïse, a du exister avant que l’âme ne s’y établisse.

14. Moïse ne dit-il pas en effet : Dieu a façonné l’homme à partir de la glaise et lui a insufflé la vie par les narines. Il s’ensuit clairement que le corps humain qui est l’habitacle achevé de l’âme, doit être là en premier. Car où et comment l’âme pourrait-elle exister sans corps ? Songe donc, espèce de petit galiléen, devant qui et où tu te trouves !

15. Je répondis : Sans tenir compte du fait que nous nous trouvons ici réunis dans l’antique salle d’audience du temple, et que tu es devenu grand prêtre grâce à tes protections mondaines et non par tes facultés spirituelles, je dois te dire en plein visage que tu juges des choses de l’esprit plus mal qu’un aveugle, des couleurs !

16. Si Dieu a insufflé, par les narines, une âme au corps achevé d’Adam, cette âme était bien en Dieu auparavant, et ne pouvait être ailleurs, puisque Dieu est infini et que rien ne peut exister en dehors de lui !

17. Mais comme Dieu est éternel, il ne peut inclure en lui le temporel, le périssable ou tout ce qui est en train de devenir. Ce qui existe en lui est éternel comme lui. Il ne peut exposer qu’en dehors de lui-même ses pensées et ses idées grandes et éternelles, lorsqu’elles apparaissent sous la forme d’un être indépendant ! Par cet acte, ce moment de création qui émane de lui, apparaît cet être libre. Et, grâce à la puissance et à la sagesse de Dieu, c’est à l’apparition de cette pensée qui prend forme sous l’aspect d’un être vivant, que surgit le temps, ou mieux encore, l’état d’indépendance accordé pour accéder à une existence propre, hors de Dieu, quoique foncièrement en lui.

18. Et s’il en est ainsi, comment n’aurais-je pas été préalablement en esprit et en Dieu, avant que le prophète n’ai écrit ses textes inspirés !

19. De plus, tu commets une grande faute, quand tu crois que l’âme et l’esprit sont une et même chose ! Dans l’être humain, l’âme est une production spirituelle de la matière. En effet, une réalité spirituelle déjà passée par le jugement, réside dans la matière, laquelle n’est après tout qu’un réceptacle dont elle cherche à se libérer. Mais l’esprit lui, est pur, il n’a jamais été soumis au jugement ; chaque homme en a reçu de Dieu une parcelle. C’est l’esprit qui veille au développement de chaque homme, en agissant en lui, en le conduisant. Mais il ne s’incorpore véritablement à l’âme que lorsque celle-ci a la volonté de reconnaître l’ordre divin qu’elle se soumet à lui pour devenir pure et parfaite.

20. Tant que tu n’auras pas réussi à passer le cap, ce sera la preuve que tu n’as encore aucune idée de ton propre esprit sans lequel tu ne peux pourtant vivre un seul instant.

21. Quand à moi, je connais mon esprit et, depuis longtemps je fais un avec lui ; voilà pourquoi je puis commander à toute la nature, car l’esprit est véritablement l’esprit de Dieu et de toute éternité ne pourra être autre chose. Pense-y, et vous aussi, essayez de comprendre, avant que nous ne passions à ce texte qui me concernait si peu !

22. Quand à toi, grand-prêtre, je te conseille de te tenir sur tes gardes, si tu ne veux pas éprouver trop de violemment la colère de mon esprit divin ! Tu as déjà vu hier ce dont je suis capable. Tu sais ce qui t’attends si tu dépasses les bornes, car j’ai le droit chèrement acquis de parler, comme convenu, des choses de Yahvé. Il est assez lamentable qu’il faille vous acheter le droit et le temps de vous parler, alors que vous vous dites les serviteurs de Yahvé. Ce serait le comble si , par dessus le marché, on ne pouvait user de ce droit !

Chapitre 21 Version mobile Mentions légales